Gestion de patrimoine 2017, entretien de Philippe Feuille par APRÉDIA

Gestion de patrimoine 2017, entretien de Philippe Feuille par APRÉDIA

Gestion de patrimoine 2017, entretien de Philippe Feuille par APRÉDIA

Actualité de la Compagnie des CGPI, évolutions de la profession, offres robo advisor. Philippe Feuille répond aux questions d’APRÉDIA (octobre 2017).

Quelle est l’actualité de la Compagnie des CGPI ?

Nous sommes dans une phase de transition qui nous demande d’adapter notre accompagnement. Parmi les effectifs de la Compagnie des CGPI, on trouve notamment des professionnels d’expérience qui exercent de longue date et des jeunes qui viennent de monter leur cabinet et qui rejoignent nos effectifs.

Pour répondre à leurs problématiques, l’un de nos premiers objectifs est la création d’une société de formations spécifique à la Compagnie CGPI. Elle aura deux objectifs principaux.

Le premier concerne l’exercice complet de notre profession car un CGPI doit être capable d’exercer les 5 métiers que sont le CIF, le Courtage d’assurance, l’IOBSP, le Conseil immobilier et la CJA à titre accessoire.

Le second objectif vise à former nos adhérents à des notions liées au développement de l’entreprise. Nos adhérents sont de grande qualité mais je me rends compte qu’ils peuvent avoir des difficultés à se développer. Par ailleurs, en se mettant à leur compte, tous les jeunes CGPI qui nous rejoignent n’ont pas seulement besoin d’être formés sur la réglementation mais aussi sur les moyens et les méthodes de pilotage d’une entreprise CGPI. C’est un sujet essentiel. Notre société de formations par une approche pratique va leur permettre de mieux appréhender la notion de business plan, de prévisionnels qui vont leur permettre de mieux appréhender leur développement. Je pense qu’ils ont besoin d’être rassurés.

Les formations seront assurées sur un présentiel de 2 jours car il est toujours indispensable de se rencontrer. Mais nous allons aussi développer un e-learning. Nous prévoyons de développer 800 modules de formations sur l’ensemble de nos métiers.
Nous avons pour objectif de lancer notre société de formations d’ici la fin de l’année. Elle va nous permettre de tirer encore plus vers le haut nos adhérents. Ils pourront avancer dans les meilleures conditions. Nos formations doivent pouvoir les aider à se développer davantage.

Par ailleurs, nous souhaitons favoriser le rapprochement entre les jeunes CGPI et leurs confrères plus expérimentés par un système intergénérationnel de transmission du savoir. La profession a un bel avenir. Notre objectif est de contribuer à favoriser l’installation des nouveaux professionnels qui nous rejoignent car ils doivent être soutenus.

On entend souvent dire que les CGPI sont à la croisée des chemins. Partagez-vous cette opinion ? Si oui, quelles évolutions doit entreprendre la profession ?

Le métier des CGPI évolue. Le conseil et l’accompagnement du client restent des fondamentaux mais il est également nécessaire de développer l’utilisation des outils digitaux et d’apporter une plus grande organisation dans les cabinets. Mais sur ces deux derniers points, tous les CGPI n’ont pas encore le même esprit d’ouverture.

Les CGPI ont la particularité de savoir établir une relation de confiance avec leurs clients par leur disponibilité, leur réactivité et leur proximité. Les notions de suivi et de conseil ne répondent pas qu’à des exigences réglementaires, elles s’incarnent aussi dans la dimension humaine qui caractérise notre profession. Elles doivent être préservées et même valorisées.

Mais il faut désormais y associer tous les outils qui permettent de gérer sereinement les cabinets et de les développer. Les outils numériques, comme les logiciels patrimoniaux et les agrégateurs par exemple, doivent apporter de la réactivité et de la simplicité. D’ailleurs, des adhérents de la Compagnie des CGPI ont développé un agrégateur de données qui fonctionne mais qui n’est pas assez connu. Notre objectif est de développer son utilisation car si nous voulons conserver notre indépendance nous ne pouvons pas dépendre de l’outil d’un grand groupe. L’agrégateur est aujourd’hui un outil incontournable que tous les CGPI devraient utiliser. Il permet un meilleur suivi et moins de travail administratif.

Enfin, l’organisation du cabinet est importante notamment parce que la réglementation est très lourde. Les CGPI doivent faire face à un véritable millefeuille administratif dont on nous dit qu’il doit « protéger l’épargnant ». Même si cela part d’un bon état d’esprit, je ne pense pas que ce soit en accumulant les démarches administratives que le client sera mieux informé. Pour faire d’un épargnant un client le CGPI doit déjà instaurer un climat de confiance par de la pédagogie et de l’éducation. Notre rôle de conseil est évidemment essentiel mais je pense aussi que le client doit être responsabilisé. En toute connaissance de cause, il doit savoir les raisons pour lesquelles il est orienté vers tel ou tel produit. C’est cela qui fait notre valeur ajoutée et qui justifie nos honoraires de conseil. Les lettres de missions personnalisées ou encore les rapports de missions sont autant d’éléments indispensables pour que la relation de confiance puisse perdurer avec les clients et les enfants de nos clients.

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